De 1955 à 1980

 

Cette période pourrait être dénommée dans le cadre de l’Histoire de notre club, époque contemporaire. La division chronologique que le narrateur a tenté de faire pourrait s’avérer un peu théorique tant la continuité est un des caractères essentiels du Rotary. On excusera donc si quelques évènements cités dans l’un ou l’autre chapitre devraient trouver leur relation dans le suivant.

Le club de LILLE et avec lui le Rotary ont pris définitivement leur place dans la cité. Nos préfets y adhèrent et l’on peut citer particulièrement et successivement : Monsieur Jean BENEDETTI, Monsieur Robert HIRSCH et Monsieur Pierre DUMONT.

Un jeune Directeur d’I.S.E.N., filleul de Joseph KAMPE de FERIET, est introduit parmi nous et deviendra notre Président en 1966-1967. Il se nommait Norbert SEGARD. Il eut par la suite un destin politique exceptionnel, mais il maintint toujours la même affabilité et le même contact sympathique que nous lui connaissions lorsqu’il était des nôtres. Guy DEBEYRE devenu Recteur d’Université de Lille honora également le club par une présence très effective et très efficiente en 1970-1971.

Il ne saurait être question ici de rappeler les noms de tous ceux qui participèrent à la vie du club durant ces vingt cinq années, les annuaires du club permettent de retrouver leurs noms et la majorité sont encore présents parmi nous. Il sera cependant rappelé ceux qui nous ayant quittés, soit pour d’autres destinations, soit parce que la mort les arrachés à notre amitié, nous ont laissé un souvenir exceptionnel.

Parmi ceux qui ne sont plus et quoique beaucoup mériteraient d’être cités, je souhaiterais rappeler trois amis à notre mémoire :

Gérard BONTE entra au club en 1951. Médecin radiologiste, c’était tout l’esprit carabin de l’époque qui vivifia notre Club. Son caractère ouvert, expansif, sa gentillesse innée, nous conquirent tous dès l’abord. Le don qu’il possédait de se faire aimer se doublait d’une extraordinaire générosité. C’est lui qui offrit au club l’ensemble des petites tables à déjeuner que nous utilisons aujourd’hui. Généreux dans ses amitiés, généreux dans initiatives, l’exigence de bonheur qui rayonnait spontanément de sa personnalité faisait qu’il entendait impérieusement que chacun de ceux qu’il rencontrait participât à la joie de vivre. Il assuma la présidence en 1957-1958 et ce avec le succès que nous en attendions tous. Ce fut une année trépidante, féconde toute de spontanéité. Dès 1959, il fut assailli de problèmes de santé. Opéré en 1964 d’une tumeur au cerveau, il maintint sa présence parmi nous. Sa femme, Paulette, le conduisait chaque mardi et venait discrètement le rechercher. Il nous quitta hélas en décembre 1978.

Pierre COMBEMALE était entré au club en 1947, c’est-à-dire après les hostilités. Il était le doyen de la Faculté de Médecine. Sa carrure haute et mince lui donnait dès l’abord l’apparence d’un homme épousant volontiers les responsabilités. Il fut en 1953-1954 un Président délicieux pour le Club. En effet, dès qu’on le pratiquait un peu, on ne découvrait en lui que gentillesse et amitié. Il aimait nous entretenir de diététique et quand il parlait, tous les mets nous semblaient divins. Enseignant de toujours, il avait sa façon originale de nous enseigner le Rotary auquel il croyait profondément comme lien entre les hommes. Médecin, il m’apparût parfait spirituellement sceptique devant les vertus de certains remèdes qu’il préconisait.

Robert BOSSUT devint notre collègue et de suite notre ami en 1968. C’était un être attachant. Directeur de l’I.D.N., Il croyait de toute son âme à la noblesse de sa profession. Former des jeunes suivant son idéal, en faire des Français dignes de la nouvelle génération à laquelle ils appartiendraient, constituaient l’essentiel de son ambition. Il accepta la tâche redoutable de présider notre club pour le 50ème anniversaire de sa fondation en 1977 et en étroite association avec le Gouverneur de l’époque, Paul DUJARDIN, organisa la Conférence du District de LILLE qui réunit 1200 personnes. Sa tâche de Directeur de l’I.D.N. jointe à son dévouement au Rotary eurent raison de sa santé et il nous quitta hélas dans l’année qui suivit sa présidence. Beaucoup d’entre nous le connurent et déplorent encore son absence.

Parmi les amis éloignés par la distance mais restés fidèles à l’amitié rotarienne, je citerai :

René MAGNIEZ, Inspecteur des Finances, était attaché à ce Ministère alors sous la direction de Valéry GISCARD D’ESTAING quand très jeune encore il fut nommé Trésorier Payeur Général du Nord pour succéder à notre camarade Gustave RAMPON. Son intelligence exceptionnelle, ce don d’éclectisme qu’il possédait au plus haut degré, son désir de connaître et d’apprendre vite ce qu’était en profondeur le nouveau domaine qui lui était concédé : notre région, l’incitèrent à solliciter rapidement son admission au Club de LILLE. Nous fûmes heureux et fiers de l’accueillir dès 1965. Il pensait comme beaucoup d’entre nous que la France, si elle voulait conserver son indépendance, devait être européenne et il se fit l’avocat de cette thèse non seulement dans notre club mais partir en pèlerin exposer son opinion dan de nombreux clubs de la région. Il ajoutait à la connaissance profonde des idées qu’il émettait des dons oratoires incontestables. Trois ans à peine après son entrée au club, il en assumait déjà une des vice-présidences. Il avait accepté la présidence et il eut certainement incarné un de nos plus brillants et plus efficients présidents, quand une promotion de carrière nous l’enleva en faveur de nos amis de Lyon.

Gilbert DREYFUS alors ingénieur en chef des voies de communications entra au Club en 1962. Avec lui, c’était la notion de technique, de planification, de précision, que ce polytechnicien apportait au Club. Combien de fois ses conférences ou ses interventions ne nous apportèrent-elles pas de passionnantes visions de prospective sur ce que pourrait devenir notre réseau autoroutier alors dans l’enfance. On peut dire que sa présence dans notre région représenta une chance unique pour celle-ci. Par la documentation de ses exposés, le don qu’il possédait de réduire à néant les contradicteurs, les relations au plus haut niveau qu’il entretenait, il fut le plus persuasif et le plus efficient avocat de notre région et c’est sous son règne que notre réseau autoroutier fit ce bond en avant qui permit de relier efficacement le Nord à l’Europe. Il resta toujours un camarade charmant. Cette amitié réciproque ne se démentit pas quand il nous quitta à la fin des années soixante pour devenir d’abord Directeur Général des Routes de France puis Directeur Général des Aéroports de Paris. Combien de fois il revint vers nous pour nous entretenir avec la précision, mais aussi la faconde et l’humour qui le caractérisent, des problèmes que soulevait la création ex nihilo de l’aérodrome de Roissy, ce grande œuvre qui fut et reste sa passion.

Pierre BALLADE, Ingénieur en chef des voies navigables, succéda à Gilbert DREYFUS dans sa classification et entra au Club en 1968. Il incarnait le haut fonctionnaire, dont l’aspect était aussi réservé que le cœur chaud. Lui aussi était passionné par la tâche qui lui incombait, le canal à grand gabarit que l’on terminait alors et qui relie les hauts fourneaux de la région valenciennoise au littoral dunkerquois. Pierre BALLADE assuma la présidence du Club en 1975-76. Il le fit avec le sérieux qui le caractérise. Il organisa notamment deux croisières, l’une sur le canal à grand gabarit précité, l’autre grâce à ses relations professionnelles sur les bouches de l’Escaut ; cette dernière en compagnie de nos amis gantois. Ce furent deux succès où le plaisir et la joie d’apprendre étaient habilement dosés par notre président cicérone. Pierre BALLADE nous a quittés officiellement pour Paris en 1979. Il reste un ami vigilant qui dans maintes occasions n’hésite pas seul ou accompagné de son épouse à faire le trajet aller-retour Paris uniquement pour assister à une séance du Club ou un dîner avec dames.

Bien des noms surgissent dans ma pensée, que je ne puis citer, de peur de lasser le lecteur d’une part, et de crainte de devoir penser : Pourquoi lui alors que tel autre mérite autant du Club. Laissons nos yeux errer sur la foule de visages amis, d’ailleurs illustrés par notre trombinoscope et profitons en pour nous dire et pour penser que le Rotary est une merveilleuse pépinière d’amitié et qu’il enrichit incommensurablement celui qui à le privilège d’en faire partie. Grâce en soit rendue à son fondateur Paul HARRIS mais aussi à ceux qui le créèrent à Lille en 1927 et dont cette modeste chronologie a tenté de remémorer le souvenir.

Avant de laisser parler quelques uns des past-présidents qui répondant à mon appel ont tenté de rappeler quelques uns des souvenirs de leur année respective, on me permettra de citer parmi ceux qui sont des nôtre le nom de Jacques RAILLE, qui honore le Club en même temps que la cité en assumant la redoutable charge de Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lille-Roubaix-Tourcoing. Je ne tenterai pas d’esquisser ses traits, puisque past-président, il demeure parmi nous mais on m’excusera d’avoir pensé que le don du dévouement consenti à la cité méritait cette exception.

Voici maintenant quelques témoignages de camarades past-présidents qui m’ont adressé comme je l’avais souhaité, un bref compte-rendu des faits saillants de leur année. Ces courts récits puisent dans leur authenticité un intérêt renouvelé. Ils feront, je l’espère, comprendre encore davantage la vie intérieure du Club.

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