Jean-Claude Casadesus, un homme de coeur ou la symphonie des mots

Ce fut pour notre club une des soirée les plus brillantes; Nous recevions Jean-Claude Casadesus le créateur de l’ONL, « Orchestre National de Lille ».

Cette fois, Jean-Claude Casadesus n’a pas eu besoin de baguette pour captiver son auditoire. Il jongle avec les mots sans avoir recours à une partition. Il improvise avec humour, il livre ses IMG_1256

souvenirs avec délectation, il use de pédagogie avec application, il transpire de talent par tous les pores. C’est un récital unique, exceptionnel qui a conduit Nicolas Kruger, son ancien élève, à lui rendre publiquement un hommage poignant.

Un grand merci à tous ceux qui ont compris la dimension de cet événement et qui ont permis de battre un record d’affluence, en ce début d’année 2018. Quant aux autres, il leur suffit de lire le compte-rendu pour comprendre que certains rendez-vous du club sont incontournables.

Propos du président André Soleau

« Quand on observe cette salle pleine à craquer, quand on sait que l’on a interrompu les réservations faute de place, le premier mot qui vient à l’esprit est « Merci…

Merci aux membres du club et à leurs conjoints, aux amies d’Inner Wheel et à leur présidente Dominique Willems, à tous ceux qui ont répondu favorablement à notre invitation, anciens ou futurs rotariens, membres des clubs voisins, merci encore à Mara Dobresco, Nicolas Kruger et David Castro-Balbi qui répondent toujours favorablement à nos rendez-vous musicaux , merci à Jean-Marie Duhamel un ancien de la Voix du Nord, journaliste talentueux, aujourd’hui conseiller au cabinet de Jean-René Lecerf, au Conseil départemental, actuellement chargé de mission pour l’Abbaye de Vaucelles, et enfin à Jacqueline Brochen qui a géré cette soirée avec son son efficacité et sa disponibilité légendaires.

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On a évidemment envie de se tourner vers notre invité d’honneur, Jean-Claude Casadesus.

« C’est un privilège de vous avoir ce soir, cher Jean-Claude. L’engouement qu’a provoqué votre venue témoigne non seulement de l’admiration que suscite votre carrière de chef d’orchestre mais aussi de l’affection des gens du Nord pour vos qualités humaines et la force de vos convictions.

Si j’osais une comparaison, je dirais que vous êtes à la région des Hauts-de-France ce que Paul Bocuse était à la région lyonnaise. Mais vous ne faites pas chanter les mêmes pianos et la nourriture que vous délivrez depuis vos débuts de chef enchante plutôt les âmes que les estomacs.

Cette soirée se rangera parmi les grands événements de l’histoire du Rotary club de Lille. C’est d’autant plus flatteur que nous venons de fêter, en 2017, notre 90ème anniversaire, et qu’après la visite en octobre dernier du past-président international, l’Américain John Germ, nous avions à cœur de frapper un grand coup en ce début d’année. Une manière de démontrer nous-aussi que les morsures du temps n’ont aucune prise sur l’enthousiasme et la générosité qui nous servent de partition.

Que la musique soit le support de cette grande première de 2018 est un symbole fort. Chaque année, en effet, nous organisons avec nos amis du club 41 de Lambersart et l’association Sainte Catherine Vieux Lille d’hier à demain, un concert à l’église Sainte-Catherine de Lille. Mara Dobresco, Nicolas Kruger et David Castro-Balbi sont de fidèles acteurs de cette œuvre caritative. Ils prêtent gracieusement leur talent pour venir en aide aux plus démunis. Nous avons récolté 10.000 euros en juin dernier ce qui nous amène à un total de plus de 43.000 euros distribués aux différentes œuvres et associations en 2017.

Nous ferons assurément mieux cette année dans la mesure où nous aurons la chance d’accueillir le 28 juin, toujours à l’église Sainte-Catherine, Karine Deshayes, deux fois primée aux victoires de la musique. L’une des plus belles voix de notre pays au même titre que Nathalie Dessay qui, elle, sera à l’affiche en 2019. Ces merveilleux moments, nous les devons aussi à Michel Dochez, membre du club mais aussi président de l’Association Sainte-Catherine, et à Bertrand Decottignies, également rotarien, dont le carnet d’adresses est une source d’inspiration inépuisable.

Comme vous pouvez en juger, notre mission « Servir d’abord » joint l’utile à l’agréable Nous essayons de promouvoir les initiatives des jeunes générations, notamment avec l’opération « Bravo les jeunes » qui a permis à certains lycéens ou étudiants de réaliser leur rêve de créer leur propre entreprise. Nous avons aidé les populations en situation de précarité, notamment cet hiver en transformant nos membres en Père-Noël. Nous avons soutenu les associations qui luttent contre l’illettrisme grâce à l’engagement de quelques-uns, lesquels dispensent leur savoir chaque semaine, chaque année.

Je ne pourrai pas citer toutes nos actions car on y passerait la soirée. Mais sachez que notre modeste orchestre, actuellement de 66 membres, travaille depuis 1927 en s’efforçant de jouer à l’unisson. Et comme nous n’avons ni votre talent ni votre énergie, mon cher Jean-Claude, nous sommes obligés de changer de chef chaque année pour conserver le bon tempo.

Je rendrai donc la baguette au mois de juin avec le plaisir égoïste d’avoir placé un point d’orgue magique sur ma propre partition, un certain 23 janvier 2018. »

Message de Pierre-Etienne et Bernard 

Dès ses premiers mots, un silence respectueux plane dans la salle devant un auditoire captivé.

Le chef….c’est lui, celui qu’on ne voit que de dos sur scène, celui qui a une main droite pour montrer le chemin, celui de la partition, une main gauche pour la sensibilité de l’interprétation et des regards ciblés pour transmette les émotions. Le maestro.

Le chef n’est pas, selon lui, un metteur en scène. Il a peu de marge de manœuvre, peu de liberté dans l’interprétation d’une œuvre et son outil lui est imposé, l’outil c’est la salle et son acoustique. Le chef est alors un guide qui doit emmener, sans hésitation aucune, des dizaines de musiciens sur leur propre partie.

On a vite compris que le tout est le résultat d’un énorme travail parce que le chef doit être immédiatement reconnu par des musiciens que la qualité acoustique peut par ailleurs transcender. Le travail, fut d’ailleurs le mot clé dans la bouche de notre grand invité qui chante sa partition.

Selon Jean-Claude Casadesus il n’y a pas une méthode, elle est propre à chaque chef. L’humilité est permanente puisqu’il faut faire en sorte de chercher à traduire le texte en message, celui que le compositeur a voulu faire passer. Il faut « se représenter la musique » avoir la notion « de la pensée du son ».

Le son est universel mais, bien sûr, en parcourant la planète, les orchestres sont de niveaux différents et il faut aussi s’adapter, tenir compte des ego des uns et des autres, avoir l’œil pour chacun, d’où l’importance du regard.

Nous avons rapidement tous compris la fierté de notre invité quand Jean-Marie Duhamel lui a demandé de parler de l’ONL. Quelle aventure… où un jeune chef, il y a plus de quarante ans, se voit confier la mission de terminer la saison pour honorer le contrat qui lie l’orchestre philharmonique de l’ORTF de Lille avec ses musiciens….avant la fin programmée de cet orchestre de radio ! C’est alors une initiative née d’une ambition collective- « notre mission est de porter la musique partout où elle peut être entendue dans la région » – qui conduit « l’orchestre régional de Lille » à se produire en juin 1975 sous la direction de Jean Claude Casadesus.

Ce qui fut dit fut fait, jusque dans les entreprise,  les cirques et les prisons, et l’orchestre voit poindre une « fidélité populaire grandissante ». Reconnu incontournable il devient national dès 1980. Après avoir commencé à l’opéra de Lille, puis occupé une salle au palais des congrès et musique, il dispose depuis 2013, de cette même salle d’une capacité de 2000 places.dont le niveau acoustique est envié par les plus grands musiciens.

Le choix des œuvres ? Le cadre s’impose qui est « la mission de sauvegarde du patrimoine musical » dans sa diversité. Il y a bien sûr les choix personnels du chef dans un environnement global qui tient compte de la qualité des musiciens à diriger, avec souvent de grands solistes, et de ce que les auditeurs attendent.

DSC01606 JCCAu final, applaudissements nourris de la salle entière, standing ovation pour ce grand maestro qui nous a séduits par son aisance, son élocution captivante et son enthousiasme.

Jean-CLaude Casadesus qui lui a confié deux fois la direction de son orchestre (ce qui est exceptionnel) félicite l’un de nos autres invités prestigieux Nicolas Kruger, accompagné de Mara Dobresco, pour sa superbe promotion puisqu’il devient chef du superbe orchestre symphonique de Leipzig. Merci à Nicolas Kruger de nous l’avoir dit avec tant de simplicité et de passion.

La soirée culturelle et musicale se termine par une éblouissante démonstration du virtuose violoniste, notre ami David Castro Balbi. Et un rendez-vous pris en commun le 28 juin prochain, à l’église Sainte-Catherine du Vieux-Lille, pour un autre grand moment musical avec Karine Deshayes, mezzo soprano de réputation internationale.

 

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